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Piero Bargellini

Visages de pierre

Visages de pierre

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« Je songe depuis longtemps à un livre où l’histoire des formes architecturales ne fasse qu’un avec l’histoire religieuse, civile, politique d’un peuple ; où les œuvres d’architecture soient interprétées comme des idées incarnées, ou plutôt pétrifiées. » Tel est le vœu exprimé par Piero Bargellini dans Architecture avec frise polémique, et réalisé, précisément, dans ces Visages de pierre (1943) — son livre, écrit-il, le plus important, celui où il a mis le plus de lui-même.

Bargellini entend manifester par l’allure de son livre un souci conforme à sa thèse générale : il adopte donc un style volontairement soigné en vue d’un public non-spécialiste, volontairement « non-professionnel » qui puisse se révéler comme l’exemple de ce qui est demandé à l’architecture : clarté de son lien avec la vie sociale, devoir de compréhension (refus de l’hermétisme ou de la technicité formelle), fluidité d’une pensée dans laquelle la vie de tous, avec ses exigences de communication, puisse se reconnaître.

L’ouvrage procède par évocations successives, qui ont valeur à la fois descriptive et symbolique — précisément parce que Bargellini, loin de redisposer le cours de l’histoire, suit la succession des temps, ce qui énonce discrètement une idée essentielle, à savoir que les formes ou traductions architecturales ont, quelles que soient leurs différences, à négocier avec ce qui demeure perpétuellement et donc les unit les unes aux autres dans leurs variations mêmes : d’une époque à l’autre, les « dieux » ou ce qu’ils désignent, la nature comme physis, donc comme croissance et immensité, la justice, etc., qui sont les catégories transcendantales avec lesquelles les hommes sont aux prises et construisent leur vie et les lieux de leur vie ; celles, aussi bien, avec lesquelles les architectes doivent négocier : car leur tâche n’est pas d’abord de construire des bâtiments, mais de nourrir l’espace social dont ils ont la charge.

Après avoir obtenu son diplôme de géomètre en 1914, Piero Bargellini (1897-1980) part pour la guerre à 18 ans, y atteint le grade de lieutenant d’artillerie et obtient la médaille du courage militaire et la croix de guerre.

Il crée en 1923 la revue Calendario dei Pensieri e delle pratiche solari (annonçant à cet égard ce qui sera le mouvement strapaese lié aux noms de Malaparte, de Longanesi ou de Caldarelli, et surtout issu d’un catholicisme sensible au monde rural et fondé sur l’expérience personnelle comme garantie d’un équilibre à la fois politique et formel). En 1929, il fonde et dirige la revue Il Frontespizio, publiée à Florence jusqu’en 1942 et considérée comme l’un des organes les plus décisifs de la culture italienne, par lequel bien des auteurs ont accédé à eux-mêmes.

Enseignant dans le primaire jusqu’en 1931, puis directeur d’école, il fut à partir 1937 inspecteur central du ministère de l’Éducation publique, fonction qu’il occupa jusqu’en 1948. Cette « vocation pédagogique » se retrouve au cœur de presque tous ses livres, dans le souci que la qualité expressive et organisationnelle qu’il manifeste dans le domaine artistique et littéraire, et qui fit de lui l’un des écrivains les plus connus et les plus estimés de son temps, ne relègue pas au second plan le sentiment de sa propre responsabilité éducative et didactique — ce que Mario Luzi appelait à son sujet un « travail de promoteur et de médiateur de culture ».

Chercheur infatigable, écrivain brillant, il publie son premier livre en 1931, puis plus d’une centaine d’autres ouvrages consacrés à l’histoire de l’art, de la littérature, de la religion, de l’architecture et, surtout, de Florence : des ouvrages qui ont connu un succès considérable (ses livres sur Florence furent traduits en une douzaine de langues).

Il sera maire de Florence en 1966. En novembre, il doit faire face à la terrible inondation qui affecta aussi bien les habitants que les monuments et les œuvres. Bargellini demeure dans les esprits le maire qui fit preuve d’une capacité exceptionnelle de communication et d’organisation, planifiant les secours, hébergeant les sinistrés, sollicitant et obtenant les aides internationales les plus précieuses.

Carlo Bo, grand critique littéraire et professeur à l’université d’Urbino (qui porte aujourd’hui son nom), écrivait à son sujet : « Quand je fais le bilan de ma vie, je place la rencontre avec Piero Bargellini parmi les plus grandes chances qui m’ont été données. Depuis notre rencontre à Florence en 1929 jusqu’à l’année de sa mort, notre amitié n’a jamais faibli, mon admiration n’a cessé de croître et de s’enraciner. Une double admiration : pour l’admirable prosateur et pour l’homme qui m’a enseigné par l’exemple la simplicité du cœur et le courage spirituel et intellectuel. »

Traduit de l’italien et préfacé par Christophe Carraud.

Informations techniques

Un volume de 256 pages, de format 13,3 x 20 cm, imprimé sur Arena Natural Smooth 90 g. par les Grafiche Veneziane.

Collection

Lettres d'Italie

Date de parution

ISBN

9791097497859

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