Gugliemo Petroni
Avoir les mots
Avoir les mots
Impossible de vérifier la possibilité d'une remise en main propre
Déjà disponible chez l'éditeur.
Avoir les mots (1984) est un récit autobiographique allant de l’enfance pauvre et solitaire de l’auteur à son mariage à la fin de la guerre. Il retrace l’histoire d’une intériorité inquiète qui, partie de rien, découvre l’art et la culture, où elle voit d’abord un moyen d’évasion, puis la possibilité même d’un salut. Ce récit, sans rien perdre de sa teneur intime, se double d’une fresque historique et culturelle de l’Italie, des années du premier fascisme à la guerre et à la Libération.
Voilà pour la « conduite » extérieure de ces pages. Mais Petroni est un maître de la distance intérieure. Quand, après avoir longtemps différé d’écrire son autobiographie, il se met enfin à ces pages formant le dernier de ses livres, il adopte un point de vue singulier : parce que l’enfance et l’adolescence, loin de susciter la nostalgie, sont un lieu d’épreuve et de difficulté ; et parce que la difficulté même de cette enfance empêche à jamais l’auteur de coïncider pleinement avec les moments de sa vie, d’où ce choix admirable et contraint de la sobriété descriptive, à la fois amusée, curieuse, inquiète et cependant « détachée ».
Au long de cet itinéraire biographique, c’est donc aussi d’un parcours de formation qu’il s’agit, au sens le plus classique et le plus fécond du terme : raconter les vicende de quelqu’un qui, par le hasard d’une naissance dans une « maison pauvre », « n’a pas les mots », pas plus qu’il ne connaît le « nom des couleurs », au cœur même de la vocation de peintre et de lecteur, puis d’écrivain, qu’il sent monter en lui. On va, du début à la fin, de la « maison pauvre » à la « maison juste », celle qui est librement choisie et construite, et non pas subie : la maison qu’il faut à celui qui a enfin découvert le pouvoir des mots et avec lui la capacité de toute libération.
La résistance intérieure et secrète de l’enfant et de l’adolescent à l’endroit de sa condition donne aussi la mesure de ce qui deviendra chez Petroni résistance politique. Et, dans les deux cas, sous les guises d’une liberté et d’un détachement souverains. Le plaisir de la lecture est aussi une leçon de vie.
Guglielmo Petroni (1911-1993) est d’une origine très modeste. Il commence à travailler dans la cordonnerie de son père à l’âge de 11 ans ; sa formation est celle d’un parfait autodidacte : il la raconte dans le livre que nous publions, Avoir les mots.
Il découvre la peinture par hasard, et se destine à cette carrière, tout en publiant ses premiers recueils de poèmes (il en publiera cinq, de 1935 à 1987). Il fréquente à Florence le milieu des cafés littéraires, où il fait nombre de rencontres décisives (Branca, Binni, Borlenghi, Dessì, Carrà, Sironi, Carena, De Robertis, Benedetti, Papini, Moravia, Soffici, Montale…). En 1938, il fait paraître un volume de brefs récits, Personnaggi d’elezione, remarqué par Malaparte, qui l’invite à quitter Florence et à s’installer à Rome, où il lui offre de diriger la rédaction de Prospettive..
Puis vient la guerre. Il prend une part active dans la Résistance. Arrêté au printemps 1944 et livré aux SS, il est emprisonné dans le sinistre immeuble de via Tasso, où il est torturé et condamné à mort, puis est transféré dans la prison de Regina Coeli. Il sera sauvé par l’arrivé des Alliés et le désordre où la ville est plongée. Le monde est une prison relate cette expérience. Après la guerre, Petroni est critique littéraire et artistique dans différents journaux et périodiques, et travaillera à la RAI où il produira et animera des émissions culturelles.
Traduit de l'italien par Christophe Carraud.
En couverture : Guglielmo Petroni, Stradina lucchese (Via della Quarquonia), ca. 1932
Informations techniques
Informations techniques
Un volume de 192 pages, de format 13,3 x 20 cm, avec couverture à rabats, imprimé sur Arena Natural Smooth 100 g. par les Grafiche Veneziane.
Collection
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Lettres d'Italie
Date de parution
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ISBN
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9791097497897
